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Alain Tingaud
Le coach suprême

L’homme en impose. Par sa carrure autant que par sa carrière. Serial entrepreneur dans les telcos, propriétaire d’un domaine viticole d’une trentaine d’hectares en Lot-et-Garonne, président d’un club de rugby, Alain Tingaud est le genre de gars que personne ne s’aventure à décevoir. D’ailleurs, il le dit lui-même : « je suis quelqu’un d’assez dur, exigeant et rigoureux. Mes enfants vous le diront. Je suis un décideur » affirme-t-il. Alain Tingaud est une main de fer, mais dans un gant bien ouvert. Ouvert aux autres, au partage. Et il suffit de le côtoyer deux jours non stop à l’occasion de La start’up est dans le pré, pour comprendre la trempe du personnage. Écharpe autour du cou, il déambule d’un bout à l’autre de sa propriété. Au passage, il réajuste une affiche, replace une chaise, prépare du café pour tout le monde. D’équipe en équipe, de table en table, Alain Tingaud a distillé ses conseils auprès des participants sans retenue tout en écoutant avec curiosité. « Soyez vous-mêmes, gardez vos convictions et restez à l’écoute » recommande-t-il. En ouvrant les portes de son domaine de Dame Bertrande, il a choisi de transmettre son expérience dans l’entrepreneuriat auprès d’une cinquantaine de graines de patrons. « Lorsque je rencontre un entrepreneur, raconte-t-il, je regarde son marché, son financement mais surtout, sa personnalité. S’il a un échec dans son CV, alors je le regarde de plus près. Quelqu’un qui s’est planté une fois est forcément plus fort. » Les plus intéressés sont prévenus. Selon lui, un bon chef d’entreprise est une personne structurante pour les autres. Quelqu’un capable de se remettre en question, même en pleine gloire.

Serial entrepreneur

Fils de plâtrier, issu d’une fratrie de six enfants, il n’est pas né avec une petite cuillère d’argent dans la bouche. « Mon père était un paysan. Il s’est construit un métier grâce à sa seule volonté » raconte-t-il. Âgé de 62 ans, Alain Tingaud a démarré sa carrière avec la naissance des microprocesseurs et les logiciels de reconnaissance optique des caractères. Après un passage chez Thomson, il est entré chez Tekelec Airtronic pour devenir, à 30 ans, chef de la division télécom et informatique. Il y rencontrera son mentor.  Il a poursuivi sa carrière aux Etats-Unis chez Bridge Communication, au cœur de la Silicon Valley, où il a découvert internet. De retour en Europe, il a créé Arche communication, revendue à Siemens en 1995. Un succès qui lui permettra de lancer Infovista, un logiciel de mesure de la qualité des services des systèmes d’information. Une entrée en bourse et une levée de 78 millions d’euros plus tard, Alain Tingaud a roulé sa bosse d’entrepreneur et peut démarrer une vie d’investisseur. Au vert.

Une vie de respect

Dans son domaine de Dame Bertrande, acquis quelques années plus tôt, il se ressource au milieu des vignes. Père de deux enfants, ce Charentais d’origine ne quitte jamais la valeur qui a régi sa vie : le respect. Respect des uns et des autres en entreprise, respect de la nature dans son domaine viticole 100 % bio mais aussi respect sur le terrain de rugby. « C’est un fonceur, enthousiaste et visionnaire » dit de lui, son fils Brice.  Derrière cette intransigeance, se cache un soixantenaire qui adore se marrer. Accroc au théâtre de boulevard et aux dessins animés, Alain est un fan inconditionnel d’Astérix et Obélix. « Je les ai tous, sourit-il. Et quand sort un nouvel album, il me le faut » L’exigence, à tout bout de champs…