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La Start’up est dans le pré : des entrepreneurs au milieu des champs

Ce week-end du 5 et 6 novembre, les start-up se mettent au vert. Au domaine de la Dame Bertrande, dans le Lot-et-Garonne, les poules et les ordinateurs font bon ménage. Durant ces deux jours, 28 projets, en phase de création ou déjà mûrs, sont mis à mal, chahutés, décortiqués. La moitié d’entre eux ne survivra pas.

« En deux jours, vous vivrez l’équivalent de six mois d’entrepreneuriat » a prévenu, dès les premières minutes du séjour, Pierre Alzingre, gentil animateur de ces quarante-huit heures, face aux participants. « Le parcours d’entrepreneur est digne des montagnes russes » a-t-il rappelé.

Portée par Inoo, le cluster numérique de Lot-et-Garonne, et soutenu par le conseil départemental, cette édition de La Start’up est dans le pré totalise 80 participants. Pour ces entrepreneurs de demain, l’heure de tester sa capacité de résistance a sonné ! À peine débarqués à la campagne, dans ce domaine lové au cœur des vignes aux couleurs automnales, les porteurs de projet ont exposé le concept de leur entreprise face à tous les participants. Pour constituer les équipes, un “marché aux bestiaux“ a permis d’équilibrer les compétences dans chaque petit groupe. Et pour anticiper cette équité, chaque participant avait pris soin de remplir, en ligne, un questionnaire avant de venir, histoire d’identifier le profil de chacun.

Si les équipes ont pour mission de développer « en accéléré » un projet, les coaches sont chargés de pousser les entrepreneurs dans leurs retranchements. L’une des figures emblématiques, coach parmi les coaches, Alain Tingaud, hôte de cette édition mais surtout serial entrepreneur, vice-président d’Inoo, ponctue ces deux jours de ses conseils précieux (lire son portrait ici). « À quel besoin répondez-vous ? Quelle est votre différence ? Votre projet est il viable ? » Trois questions phares, étudiées au fil du séjour. « Le but est que tous les projets doivent repartir d’ici avec un niveau supérieur, ou qu’ils revoient leur copie » explique Xavier Dalmolin, coach le temps d’un weekend, et responsable de la création d’entreprise à la CCI de Lot-et-Garonne. Il confie en profiter pour repérer deux ou trois pépites…

Autour de l’une des tables, Adrien, l’un des porteurs de projet, prend la parole. Ce quarantenaire est à la tête d’un restaurant et aspire à innover dans son métier. Il ambitionne d’ouvrir prochainement un resto-bateau doté de fenêtres interactives et connectées pour conjuguer tourisme et petits plats. Lunettes, petit bouc poivre et sel, il s’impose et capte l’attention de ses coéquipiers. « Les coaches nous piquent et nous emmènent là où nous n’avions pas prévu d’aller » avoue-t-il en marge. Juste à côté, Fanny, Melissa et Marion ont un projet d’ouverture d’un bar-resto dont le concept s’appuie sur la cuisine à la plancha. Le coach, Wilfried, les assomme de questions : « Quel est l’univers de votre restaurant ? Comment allez-vous gagner de l’argent ? Vous connaissez la taille du marché ? Quelle est votre cible ? » À ce stade d’avancée du projet, les réponses des participantes sont encore approximatives et ne demandent qu’à être creusées.

Dans la salle d’à côté, l’une des équipes est en pleine remise en question. Nicolas et Edwin veulent mettre en place une maison de la prévention, sorte de laboratoire dédié à la silver économie. Problème : « on n’a rien à vendre » Pas si sûr… Le coach les questionne, les bouscule un peu et, petit à petit, les solutions se dessinent. Guillaume et Matthieu, eux, veulent révolutionner les modes de communication dans les équipes médicales. Leur solution numérique, Horai, s’apparente à un Slack pour hôpitaux ou centres médicaux. « Nous sommes ici pour rencontrer des gens, élargir notre réseau et avoir des retours sur notre projet » explique Guillaume. Consciencieusement, il rédige sur le guide du participant les grandes lignes de son projet, ses besoins, sa différenciation.

Alain Tingaud
« Un entrepreneur est comme la vigne. Il faut la stresser un peu pour que son raisin donne du bon vin. »

Frédéric Flamant, Wawee
« Ça fait un an que je travaille sur ce projet, seul dans ma chambre. Grâce à ces deux jours, je me suis rendu compte que je pouvais vraiment en faire quelque chose. »

Adrien Pedrazzi, un participant
« Les coaches nous piquent et nous emmènent là où nous n’avions pas prévu d’aller »

 

L’Abattoir