Sélectionner une page

Des défis, du sport et des tables

Le SportUp Summit a démarré en trombe, ce 22 septembre 2016, à Font-Romeu dans les Pyrénées-Orientales. 150 participants, trente équipes. Au lendemain de leur arrivée, ceux qui ne se connaissaient pas la veille, se confient désormais leur projet de vie et travaillent ensemble. L’ambiance est conviviale, les sourires chaleureux, l’énergie, débordante. Levés dès l’aube, les 150 participants ont déjà démarré leur journée par un réveil musculaire — et une douche froide ! — face aux montagnes, les pieds dans la brume. Après l’agitation du corps, celui des neurones démarre. Tous vêtus de leur désormais fameux sweat-shirt rose, les équipes se rejoignent dans l’enceinte du gymnase du CREPS de Font-Romeu. L’ébullition ne tarde pas à se faire sentir.

Trente équipes. Trente projets. Trente tables.

Papier, stylos, ordinateurs, prototypes parfois… Chacun explique son projet, son profil, sa vision. Autour de l’une des tables installées dans le gymnase, Amandine Cros, l’une des participantes, confronte ses problématiques auprès des membres de son équipe. À 21 ans, elle est à l’initiative d’une idée originale dédiée au monde équestre.

« Grâce à un objet connecté positionné sur la sangle de la selle du cheval, nous mesurons les faiblesses de l’animal afin d’anticiper les blessures » explique-t-elle, cavalière et jeune entrepreneuse. Brune, cheveux longs, la jeune fille parle avec assurance de son projet, baptisé Perfhormance, qu’elle mature depuis deux ans, accompagnée par LRSet. « Si ce type de nouvelles technologies existe déjà dans d’autres sports comme le rugby ou le football, ce n’est pas le cas pour le monde équestre qui en a pourtant besoin » sourit-elle.

À côté d’elle, un “accompagnant au développement des entreprises“ rédige scrupuleusement les conseils et constats relevés durant leur séance de travail. « Je synthétise et écris nos discussions dans chaque case prévue à cet effet » explique Anthony Debock, chargé d’affaires au Business Innovation Center de Montpellier.

Pour structurer leur accompagnement, les coachs s’aident d’un guide papier sur lequel les questions essentielles sont répertoriées. « Quels problèmes voulez-vous résoudre ? », « Quel est votre marché ? », « Quelle cible ? », « Vos concurrents »… Un outil précieux qui servira au porteur de projet sur le long terme.

L’heure des pitchs

Alors que les équipes poursuivent leurs discussions, l’heure des pitchs approche. En une minute, les candidats devront convaincre le jury. Les critères ? La force de l’innovation du projet et son accès au marché. Doris Wetzel se prépare à cet exercice. Elle est une kite-surfeuse de haut niveau. Elle travaille sur le projet colossal d’une traversée de l’Atlantique avec son kite-surf. Avec les membres de son équipe, elle prend le temps d’améliorer son pitch. Finalement, dans la cacophonie du gymnase et des milliers de mots qui s’en évaporent, l’équipe choisit de répéter dehors, sous les derniers rayons de soleil de la journée… Sous son petit accent allemand, les phrases claquent, la parole s’éclaircit, elle gagne en confiance.

Doris Wetzel (Womana) travaille son pitch, au soleil…

Doris Wetzel (Womana) travaille son pitch, au soleil…

Sous un arbre, sur les marches, sur un banc, sur une pierre, chacun révise son pitch dans l’intimité. Hésitations, répétitions, les mots se cherchent parfois, s’alignent ensuite. Comment asseoir sa crédibilité dès le premier verbe ? Comment vulgariser une innovation compliquée en moins d’une minute ? Autant de défis que chaque entrepreneur s’attèle à relever…

« L’exercice en une minute est difficile, reconnaît Christophe Carniel, serial-entrepreneur et président de TransfertsLR. Mais c’est le jeu ! Il faut être convaincant quelque soit le temps imparti et insister sur LE point marquant du projet, sans pour autant parler trop vite » conseille le fondateur de l’entreprise à succès, Vogo.

Idris Carlier-Douls (United Nothing)

Idris Carlier-Douls (United Nothing) en pleine répétition…

Au CREPS de Font-Romeu, on flâne en travaillant ou on travaille en flânant…

Après les répétitions, les candidats défilent, un à un, face à un jury attentif. Après un petit ajustement du son et du micro, les candidats se muent en acteurs et entrent en scène. Étonnamment, la majorité d’entre eux a gagné en assurance. Après la minute de pitch, les questions du jury ne décontenancent pas les candidats qui y répondent sans détour, à l’instar de Sylvain Morel, à l’origine du projet SportiHome, qui met en lien des sportifs en quête de matériel et de logements. Business model, concurrence, marché, tout passe en revue…

Un jury attentif…

Un porteur de projet sur deux et une entreprise sur deux seront sélectionnés à l’issue de ce premier pitch. Quinze entrepreneurs auront donc la possibilité de poursuivre l’aventure du SportUp Summit et avoir la chance de participer à l’ultime présentation de leur entreprise face au jury final. En attendant les résultats, tous les participants ont été conviés à courir un marathon. Idéal pour se vider la tête, même sous la pluie…

Sylvain Morel (SportiHome) face au jury…

Want new articles before they get published?
Subscribe to our Awesome Newsletter.